FAQ

Dans cette rubrique, retrouvez les questions les plus fréquemment posées (Frequent Asked Questions) sur le projet. Celles-ci sont répertoriées par thématique.

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Posez-là nous directement ! 

Partie 1 - Questions générales Boucle du Hainaut

Partie 2 - Questions liées à la Technologie

Partie 3 - Questions liées à la Procédure

Partie 4 - Questions liées au monde agricole

Partie 5 - Questions liées aux mesures d'accompagnement 

Partie 6 - Questions liées aux champs électromagnétiques

En quoi consiste le projet Boucle du Hainaut ?

Le projet Boucle du Hainaut consiste en la réalisation d’une nouvelle liaison électrique aérienne d’un niveau de tension de 380 kV et d’une capacité de transport de 6 GW entre les postes d’Avelgem et de Courcelles. 

Cette infrastructure principale de transport d’électricité doit permettre d’assurer l’accès compétitif et abordable à l’électricité ; d’augmenter la capacité d’accueil des énergies renouvelables ; de soutenir l’attractivité économique de la Wallonie et plus spécifiquement du Hainaut ainsi que de fiabiliser l’approvisionnement électrique. 

Cette nouvelle liaison est-elle nécessaire pour le réseau ?

Face aux défis climatiques, l’Europe ambitionne d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Afin d’atteindre cet objectif, la Belgique devra inévitablement passer par la décarbonisation de son système énergétique et par la limitation drastique des combustibles fossiles. La production d’énergies renouvelables ayant comme caractéristique principale de fluctuer, le réseau doit évoluer notamment afin d’intégrer ces pics de production d’énergies vertes. L’évolution de ce mixte énergétique nécessite la construction d’un réseau interconnecté interne robuste. Ce projet est un maillon essentiel en ce sens.

Pourquoi le projet se situe-t-il dans le Hainaut ?

Le réseau de transport d’électricité est un réseau maillé qui peut être comparé à un filet de pêche ou à une toile d’araignée. Fermer la boucle du réseau 380 kV entre Avelgem et Courcelles permettra de renforcer considérablement le maillage du réseau haute tension belge dans une province qui ne possède pas encore une telle infrastructure. Ainsi, le réseau local 150 kV, qui arrivera à saturation à l’horizon 2030, pourra être désengorgé, ce qui permettra également d’envisager de nouvelles perspectives territoriales pour la région. 

Quelles seront les différentes étapes de ce projet ? 

Deux grands processus légaux sont nécessaires à la création d’une telle infrastructure :

Une demande de révision du plan de secteur portant sur l’inscription d’un périmètre de réservation pour permettre la réalisation d’une infrastructure principale de transport d’électricité ;

Une demande de permis d’urbanisme permettant ensuite de déterminer l’emplacement exact de l’infrastructure au niveau local.

Elia s’engage à suivre scrupuleusement chaque étape de ces deux processus, dont certaines permettront aux communes, mais aussi aux citoyens de remettre officiellement leurs questions et/ou avis.

Quelles sont les communes wallonnes concernées par le projet ? 

Le périmètre de réservation sollicité traverse les communes de Mont-de-l’Enclus, Celles, Frasnes-lez-Anvaing, Leuze-en-Hainaut, Ath, Chièvres, Brugelette, Lens, Soignies, Braine-le-Comte, Ecaussinnes, Seneffe, Pont-à-Celles et Courcelles.

Suivant quels critères ce périmètre a-t-il été établi ? 

Pour définir le meilleur emplacement de ce nouveau corridor, la revalorisation du plan de secteur a été privilégiée. Par ailleurs, les critères appliqués peuvent être catégorisés en 4 groupes :

Les critères d’exclusion tels que les sites SEVESO ou les aéroports, desquels les infrastructures doivent se placer à une certaine distance ;

Le regroupement des infrastructures : il s’agit par exemple de longer des lignes haute tension existantes, des routes principales, des voies navigables ou des lignes TGV ;

Le critères liés au milieu humain afin d’éviter les zones d’habitats ou les habitations isolées ;

Les critères environnementaux et patrimoniaux.

Pourquoi la technologie de la liaison aérienne a-t-elle été choisie ?

Aujourd’hui, 98% du réseau haute tension 380 kV européen est constitué de liaisons aériennes en courant alternatif. Cette technologie éprouvée est considérée comme étant la plus fiable, la plus mature et la plus abordable. Plusieurs études internes et externes réalisées dans le cadre du projet Boucle du Hainaut ont confirmé cette approche. Dans la lignée du reste du réseau européen, Elia a dès lors opté pour une liaison aérienne en courant alternatif comme la solution de référence pour la Boucle du Hainaut.

Quel est l'impact financier de ce projet sur la facture du citoyen ? 

Le coût relatif au transport d’électricité (par Elia) représente en moyenne 5% de la facture globale d’électricité pour un ménage, et de 7 à 10% pour une entreprise. Les investissements prévus par Elia sur le réseau visent à garantir la possibilité de bénéficier de l’électricité au prix le plus avantageux proposé sur le marché.

 

Quel est le meilleur choix technologique pour le projet Boucle du Hainaut ?

Pour chaque projet, Elia veille à utiliser la technologie qui répond le mieux aux critères techniques, économiques et environnementaux. 

Les technologies disponibles peuvent se répartir en deux groupes principaux : 

  • Courant Alternatif (AC) : le courant et la tension effectuent 50 alternances par seconde (50 hertz) et a une capacité d’autorégulation ; 
  • Courant Continu (DC) : le courant circule en continu dans une seule direction donnée tel un robinet. 

Une distinction doit également être faite pour les liaisons aériennes et souterraines : 

  • Liaison aérienne : elle est composée de pylônes auxquels sont attachés des conducteurs (fils) qui transportent l’électricité ; 
  • Liaison souterraine : elle transporte de l’électricité via des câbles installés sous terre soit dans une tranchée, soit via une installation de forage. 

Dans le cadre du projet Boucle du Hainaut, plusieurs études ont été réalisées et le choix s’est porté sur une liaison aérienne en courant alternatif, et ce, notamment, au regard du niveau de tension (380 kV) et de la capacité de transport nécessaire (6 GW). 

Pourquoi a-t-on besoin d'une liaison 380 kV ?

La colonne vertébrale du réseau électrique européen est construite au niveau de tension le plus élevé, c’est-à-dire 380 kV. En effet, plus la tension est élevée, plus la quantité d’énergie électrique pouvant être transportée est importante tout en garantissant des pertes limitées. Le transport de 6 GW, tel qu’estimé dans le projet Boucle du Hainaut, ne peut donc être efficace qu’en 380 kV. Le transport de ces volumes d’énergie électrique à des niveaux de tension inférieurs, tels que 220 et 150 kV, entraînerait des pertes significatives et des risques importants pour la stabilité du réseau. 

Est-il possible d’enterrer la liaison ?

Au niveau du backbone 380 kV européen, il est possible, d’un point de vue technique, d’enfouir une section limitée de la liaison, mais cela n’est pas souhaitable. En effet, chaque kilomètre de liaison enfoui diminue considérablement sa fiabilité et augmente le risque d’incidents. Les liaisons souterraines produisent une puissance réactive pouvant provoquer des sauts de tensions sur le réseau et donc susceptibles d’endommager les installations. La solution consiste en l’installation de réacteurs shunt afin de compenser cette puissance réactive. Toutefois, la combinaison de nombreux câbles et de réacteurs shunt crée des résonances ou des perturbations sur le réseau.

Le réseau européen ne comprend aucune liaison 380 kV enfouie transportant une puissance de 6 GW. Certes, aux Pays-Bas, en Allemagne et au Royaume-Uni notamment, on retrouve des liaisons 380 kV souterraines, mais uniquement sur des distances limitées et pour des puissances inférieures.

Les raisons de l’enfouissement sont souvent spécifiques : zone Natura 2000, zones urbanisées, proximité d’aéroports, etc.

Pour le projet Boucle du Hainaut, il faudra s’appuyer sur les conclusions de l’étude environnementale pour évaluer la nécessité d’enfouir une section de la liaison. Si cela s’avère nécessaire, le contexte et les études de stabilité détermineront les distances sur lesquelles la liaison peut être enterrée.

Pourquoi opter pour une liaison aérienne en courant alternatif ? 

98% du réseau haute tension 380 kV européen est constitué de liaisons aériennes en courant alternatif.

Sur base des nombreuses analyses et expertises réalisées au niveau européen, la technologie du courant alternatif est celle qui répond actuellement le mieux aux exigences de fiabilité, de flexibilité (passage à des tensions inférieures et supérieures) et d’approche prospective (dérivations plus facilement réalisables, en modifiant ou en remplaçant un pylône, et permettent de facilement raccorder de nouvelles liaisons).

Pourquoi n'est-il pas envisageable d'opter pour une liaison souterraine ?

À l’heure actuelle, aucune liaison souterraine en courant alternatif n’a jamais été réalisée dans le monde sur une telle distance (50 à 100 km) et pour une telle puissance (6 GW).

Afin d’assurer ses missions envers la société, Elia ne peut utiliser que des technologies éprouvées et fiables. Or les études quant à une autre solution technique ne permettent pas de répondre à ces critères.

La Boucle du Hainaut étant destinée à faire partie de l’épine dorsale du réseau électrique belge, cela nécessite une exigence très élevée en terme de sécurité d’exploitation. La ligne aérienne en courant alternatif demeure donc la technologie la plus appropriée pour ce projet.

Une partie de la liaison pourrait-elle être enterrée ? 

Enfouir une section limitée de la liaison est techniquement possible, mais n’est pas souhaitable lorsque l’on évoque la colonne vertébrale du réseau 380 kV européen.

En effet, chaque kilomètre de pose souterraine diminue fortement la fiabilité et augmente de manière considérable le risque d’incidents ou la durée nécessaire en cas d’intervention. Afin de pouvoir déterminer si un enfouissement partiel se justifie, les autorités en charge de délivrer les autorisations se baseront sur les études environnementales réalisées dans le cadre de ce projet.

Quelles seront les autres infrastructures nécessaires à la construction de cette liaison ? 

Deux postes haute tension devront être adaptés afin de transformer l’électricité vers un niveau de tension inférieur. Ce n’est qu’à cette condition que l’électricité pourra être correctement acheminée vers le consommateur final.

Des nuisances sonores peuvent-elles être engendrées par la présence de ce type d'infrastructures ? 

Pour la liaison aérienne en courant alternatif telle que préconisée par les études réalisées, un crépitement peut se faire entendre en dessous de la ligne par temps très humide, mais cela reste anecdotique. Ce faible bruit est provoqué par l’air qui entoure les câbles électriques et qui transporte lui aussi du courant.

Les postes électriques en surface peuvent également générer des nuisances sonores, mais Elia est en mesure d’en limiter l’impact par l’installation de murs anti-bruit.

Pourquoi existe-t-il différents niveaux de tension sur le réseau et à quoi servent-ils ?

Comme pour tous les réseaux de transport, chaque partie du réseau de transport d’électricité a son utilité, ses avantages et ses inconvénients.

Ainsi, chaque niveau de tension répond à un besoin spécifique :

La très haute tension (380 kV) peut être considérée comme l’infrastructure principale d’un réseau (backbone). C’est en quelque sorte la colonne vertébrale du réseau électrique interconnecté interne.

Les interconnexions sont des liaisons permettant de transporter de l’électricité entre pays ;

Les liaisons à des niveaux de tensions inférieurs, comme le 150 kV, le 70 kv et allant jusqu’au 30 kV, ont un rôle différent mais tout aussi important pour le maillage du réseau.

Ainsi, chaque élément, avec sa spécificité propre, a son utilité !

Le coût est-il également pris en compte dans le choix de la technologie ? 

Lorsque le choix technologique doit être posé, le critère relatif au coût est également étudié mais il n’est pas l’élément central. Dans ce cas précis, les contraintes techniques sont prédominantes. L’objectif final étant de proposer un projet qui répond aux critères de durabilité, de fiabilité et d’abordabilité du réseau.

Si une nouvelle technologie voit le jour dans les prochaines années, Elia pourrait-elle la prendre en considération ? 

Bien entendu, Elia reste attentive à l’ensemble des nouvelles techniques ou technologies dans le domaine. Néanmoins dans le cadre de ce projet, Elia doit prendre en compte les technologies éprouvées et garantissant une haute fiabilité. En effet, au regard de sa mission d’utilité publique, le Gestionnaire de Réseau de Transport ne peut pas se permettre de mettre en danger la sécurité du réseau et la sécurité d’approvisionnement en électricité du pays.

 

Qu'est-ce que le plan de secteur ?

Le Plan de Secteur est un outil réglementaire d’aménagement du territoire qui définit les affectations du sol en Wallonie. En fonction des zones définies dans ce plan, un projet peut ou non y être implanté. Grâce à cet outil, le développement territorial de la Wallonie peut se faire de manière cohérente et concertée. Les projets qui doivent y être inscrits sont les lignes électrique 220 et 380 kV, les routes, les nouvelles zones d’activités économiques, etc. 

Quelle est la différence entre une modification de plan de secteur et une demande de permis d'urbanisme ?

Une modification de plan de secteur vise à changer l’affectation d’une zone pour lui en donner une nouvelle sur un périmètre déterminé. En l’occurrence, il s’agit d’un périmètre de 200 mètres de large sur une longueur d’environ 85 km entre Avelgem et Courcelles. 

Une demande de permis d’urbanisme identifie de manière précise la place de chaque installation nécessaire à la réalisation de la liaison. Une fois délivré, le permis d’urbanisme permet d’initier la phase chantier.

Dans quel cadre légal le projet s'inscrit-il ?

S’agissant d’une infrastructure principale de transport d’électricité haute tension, Elia doit scrupuleusement suivre deux grandes procédures successives spécifiques :

Une demande de révision du plan de secteur portant sur l’inscription d’un périmètre de réservation pour permettre la réalisation d’une infrastructure principale de transport d’électricité ;

Une demande de permis d’urbanisme permettant à son terme de placer concrètement l’infrastructure, à savoir les pylônes, sur le terrain.

Qui peut demander une modification de plan de secteur et à qui ?

Une commune, toute personne physique ou morale, privée ou publique peut demander une modification de plan de secteur au Gouvernement wallon. Les modalités de révision sont formalisées dans le Code du Développement Territorial. Entre la demande et la modification par le Gouvernement wallon, il faut compter environ 3 ans.

Quand les citoyens peuvent-ils intervenir ? 

Il y a deux moments clés dans la procédure de révision du Plan de Secteur :

Suite à la diffusion de la vidéo de présentation du projet de révision du plan de secteur

Pendant les 15 jours qui suivent les deux jours officiels de diffusion de la vidéo, les citoyens peuvent poser leurs questions ou émettre des remarques qui seront étudiées dans le cadre du Rapport sur les Incidences Environnementales, par courrier, à l’une des communes concernées par la modification de plan de secteur, c’est-à-dire : Mont-de l’Enclus, Celles, Frasnes-lez-Anvaing, Leuze-en-Hainaut, Ath, Chièvres, Brugelette, Lens, Soignies, Ecaussinnes, Braine-le-Comte, Seneffe, Pont-à-Celles et Courcelles.

Lors de l’enquête publique

Pendant 45 jours, les citoyens peuvent se rendre dans l’une des administrations communales concernées afin de consulter le projet déposé par Elia ainsi que le Rapport sur les Incidences environnementales et remettre leur avis par écrit à la commune.

De plus, des périodes similaires permettront aux citoyens de poser leurs questions et de remettre leur avis lors de la phase de demande de permis d’urbanisme.

Quel est l'objectif de la vidéo de présentation du projet de révision du plan de secteur ? 

Le Code du Développement Territorial prévoit une rencontre en début de procédure permettant au demandeur de présenter son projet de manière officielle à la population. La situation sanitaire liée à la pandémie du COVID-19 ne permettant pas à Elia de réunir un grand nombre de personnes dans un lieu relativement restreint, Elia a opté pour une présentation vidéo officielle du projet, rendue possible par le Gouvernement wallon. Les citoyens peuvent demander une retranscription de la vidéo et poser leurs questions via le numéro vert gratuit 0800 18 002. Ils ont ensuite 15 jours pour émettre leurs remarques qui seront étudiées par un bureau indépendant, dans le Rapport sur les Incidences Environnementales (RIE).

Qu'est-ce qu'une enquête publique ? 

L’enquête publique arrive plus tard dans la procédure, soit après la réalisation du Rapport sur les Incidences Environnementales. Les citoyens sont invités à prendre connaissance et à donner leur avis sur le dossier complet. L’ensemble des commentaires émis sont ensuite pris en compte par l’administration régionale pour statuer sur la demande.

Qu'est ce qu'un rapport sur les incidences environnementales ? 

Il s’agit d’une étude réalisée par un bureau indépendant agréé par la Wallonie pour analyser l’impact d’un projet sur l’environnement au sens large du terme : la faune, la flore, mais aussi les incidences sonores, visuelles, paysagères…

Quand la procédure prévoit-elle des moments de concertation avec la population ? 

La procédure légale prévoit des moments de consultation et la prise en compte des questions, remarques et avis des citoyens, mais aussi des communes potentiellement concernées.

Organiser les débats et discussions dans ce cadre légal a plusieurs avantages pour l’ensemble des parties prenantes :

Laisser chacun s’exprimer librement : toutes les questions et remarques seront prises en compte en fonction du cadre légal existant ;

Permettre à un bureau d’étude indépendant d’étudier les remarques de chacun de manière impartiale ;

Partir d’un document unique, déposé officiellement, que l’ensemble des communes peut consulter et dont l’ensemble des riverains pourra prendre connaissance au travers des outils mis à leur disposition.

 

Pourquoi Elia a-t-elle une attention particulière pour le monde agricole ?

A l’étape de l’introduction du dossier de base demandant la possibilité de réviser le plan de secteur, Elia est consciente que 91% du corridor du projet Boucle du Hainaut se situe en zone agricole. C’est la raison pour laquelle elle souhaite établir une relation et un suivi particulier avec l’ensemble des acteurs du secteur : que ce soit les propriétaires de parcelles ou les exploitants. 

Sur quelle base Elia établit-elle ses relations avec le monde agricole ? 

En 2012, Elia a signé un accord avec la Fédération Wallonne de l’Agriculture afin de répondre encore mieux aux réalités de terrain ainsi qu’aux attentes de chacun. Ce protocole sert de base dans les relations avec les propriétaires et exploitants agricoles. Outre cet accord, Elia veille à maintenir un dialogue continu avec les fédérations et à prendre en compte la réalité du propriétaire et/ou exploitant concerné, lors de chaque phase de ses projets.

Quels impacts auront les travaux de la future liaison sur les espaces agricoles ?

Les impacts éventuels sur les zones agricoles font partie des points analysés dans le cadre de l’étude d’incidences environnementales réalisée par un bureau externe indépendant, lors de la procédure de demande de permis. Les mesures d’atténuation de l’impact sur l’agriculture seront reprises dans les recommandations du projet et Elia veillera à limiter autant que possible les nuisances liées aux travaux ou à la maintenance de ses infrastructures. 

Les propriétaires sont-ils dédommagés suite à l'installation d'une infrastructure sur leur parcelle ? 

En règle générale, et dans la mesure du possible, Elia veille à limiter l’impact de son installation en plaçant les pylônes en bordure de terrain ou dans les coins de parcelles. Dans la pratique, si par exemple un pylône en bordure de parcelle est plus impactant, Elia se concertera avec le propriétaire afin de trouver la solution la plus adéquate. Sur base des discussions entre le propriétaire et Elia, elle peut procéder à l’achat du terrain agricole sur lequel le pylône est implanté.

En quoi le choix d'une liaison aérienne impacte l'exploitation des parcelles ?

Certaines distances de sécurité doivent bien entendu être respectées par rapport aux infrastructures implantées sur, ou surplombant, la parcelle. Ces mesures de sécurité dépendent des infrastructures mais aussi de ce que le propriétaire ou exploitant souhaite effectuer sous, ou à proximité, de la liaison.

Néanmoins, le choix d’une liaison aérienne 380 kV a plusieurs avantages pour les exploitants agricoles par rapport aux liaisons souterraines qui réduisent la possibilité de relever ou abaisser le niveau du sol, qui ne permettent pas de construire des bâtiments et qui ne permettent pas les plantations aux racines profondes.

Les exploitants sont-ils indemnisés suite à l'installation d'une telle infrastructure sur leur parcelle ?

Oui. L’indemnisation, qui se base également sur le protocole d’accord de 2012, consiste à compenser la perte de revenus subie suite à :

La perte de récolte ou de rendement due à la présence de pylônes ;

La perte de temps due au traitement plus difficile de la zone ;

La perte de temps et les frais consécutifs à l’entretien et la gestion de la zone située autour ou sous le pylône.

Comment se déroule concrètement la période de travaux ?

Une fois le contrat d’achat-vente conclu avec le propriétaire, Elia entretiendra également un contact continu avec les exploitants agricoles afin d’aborder les différentes modalités liées à la phase chantier. Chaque agriculteur ou éleveur concerné sera informé de la nature, de l’endroit et du moment des travaux. Elia veillera d’ailleurs à ce que ceux-ci soient le moins impactant possible. Un état des lieux contradictoire sera également dressé et les dommages réels seront indemnisés.

Quelles mesures sont prises par Elia lors de la période de travaux ? 

Le protocole d’accord prévoit actuellement les modalités suivantes en cas de travaux sur une parcelle agricole :

Excavations : les différentes couches de sol sont stockées séparément et replacées ;

Réparation du niveau du sol : des mesures nécessaires sont prises pour compacter le sol ;

Restauration des terres : des mesures topographiques des drains existants sont effectuées afin de restaurer les terres après les travaux. Si nécessaire, les drains sont utilisés sur tout le site reconstruit ;

Réalisation d’état des lieux : un rapport de dommages après travaux est effectué sur base d’un état des lieux ;

Indemnisations : Elia offre aux agriculteurs une garantie pour les dommages qui résultent des travaux et ce, jusqu’à deux ans après la signature de l’état des lieux.

Les champs électromagnétiques ont-ils une influence sur les cultures et sur le bétail ?

Les différentes recherches et études menées jusqu’à ce jour sur les animaux d’élevage ne semblent pas démontrer d’effets biologiques induits par l’exposition à des lignes à haute tension.

Les seuls impacts potentiels sont des effets indirects générés par un courant électrique parasite, provoqué par le phénomène d’induction. Par exemple, des courants qui parcourent des éléments conducteurs, le sol et les structures métalliques peuvent accidentellement circuler dans le corps animal. Les animaux y sont souvent beaucoup plus sensibles que l’homme et donc peuvent subir des sensations d’inconfort et même de stress.

Les courants parasites peuvent avoir différentes origines. Certaines sont externes comme une ligne à haute tension et d’autres internes à l’exploitation. Lorsqu’un tel problème est constaté, il convient d’en déterminer la source et de remédier au problème. Elia s’engage à mettre en oeuvre les solutions les plus pertinentes pour l’exploitation.

En plus de l’influence éventuelle sur les animaux, certaines études ont été menées afin de déterminer l’influence d’un champ électromagnétique sur la croissance et la production des cultures. À l’heure actuelle, celles-ci ne semblent pas démontrer d’effet.

Les champs magnétiques ont-ils un effet sur les équipements électriques et électroniques des exploitations agricoles ? 

Les équipements électroniques utilisés par les exploitants agricoles, conformes à la législation en vigueur et installés dans le respect des consignes du fabriquant, ne rencontrent aucun problème de perturbation dû à la présence d’une ligne à haute tension. Il est donc important de veiller à la qualité et à la régularité de la mise à la terre, à l’usage des type de câbles, et d’observer les longueurs conseillées comme signal de référence.

Pourquoi Elia met-elle en place des mesures d'accompagnement ? 

Elia est consciente du fait que l’implantation d’une nouvelle liaison 380 kV peut générer certaines incidences sur l’environnement et le cadre de vie. En tant que gestionnaire du réseau de transport, Elia a un rôle sociétal clé et entend développer son infrastructure dans le respect des intérêts de la société. Ainsi, elle évitera et réduira autant que possible les effets négatifs de ses projets afin d’aboutir à des solutions acceptables pour chacun.

Qu'est-ce qu'une mesure d'accompagnement ? 

Les mesures d’accompagnement sont des démarches qu’Elia effectue, et ce afin que ses infrastructures s’intègrent au mieux dans leur environnement. Ces mesures peuvent être réalisées à différents moments de la vie du projet et prendre différentes formes, en fonction des besoins identifiés.

Comment les mesures mises en place sont-elles élaborées et hiérarchisées ? 

Elia utilise le principe de la hiérarchie des mesures d’atténuation. Il s’agit d’une approche transparente, systématique et non discriminante basée sur les législations belge et européenne. Elle suit la logique suivante :

Éviter : la prévention des incidences potentielles, dès les pré-études réalisées sur le projet, est toujours préférée et constitue la façon la plus efficace d’éviter ces effets ;

Réduire : lorsque les incidences ne peuvent être évitées, elles sont limitées au maximum au niveau de leur intensité, ampleur ou impact ;

Compenser : les effets résiduels qui n’ont pu être évités ou réduits de manière suffisante, doivent ou peuvent finalement être compensés de manières adéquate et proportionnée.

Quelles sont les personnes concernées par les mesures d'accompagnement ? 

Les personnes qui pourront bénéficier de mesures d’accompagnement seront contactées par Elia au moment le plus opportun du processus. Il est néanmoins possible de savoir quelles mesures peuvent être appliquées à votre situation en particulier en prenant contact avec l’équipe en charge du projet. 

Quand les mesures d'accompagnement interviennent-elles ?

Les mesures accompagneront l’ensemble du cycle de vie du projet Boucle du Hainaut. Elles sont étudiées, discutées et préparées en amont du projet. En fonction de leur nature, elles seront mises en œuvre lors de la préparation du projet, pendant sa réalisation, lors de sa mise en service, tout au long de son exploitation ou lors de la fin de vie de celui-ci.

Quelles sont les mesures prévues pour les citoyens des communes concernées ?

Elia a conscience des effets résiduels dus à la présence de l’infrastructure sur le cadre de vie des communes concernées. Pour compenser ceux-ci, Elia soutiendra des projets communaux et citoyens visant à améliorer de façon durable le cadre de vie des communautés concernées par la nouvelle infrastructure. Ce soutien se fera via un « Fonds de soutien communautaire » dont la gestion sera confiée à une fondation d’utilité publique.

Quelles sont les mesures d'accompagnement prévues pour les activités économiques ? 

Le projet Boucle du Hainaut pourrait avoir des incidences résiduelles sur certaines activités économiques ou agricoles situées sous la liaison. Dans ces cas, un expert indépendant évaluera, quantifiera et démontrera le préjudice subi par la mise en œuvre et la présence de cette nouvelle infrastructure.

Quelles sont les mesures d'accompagnement prévues par rapport aux habitations ?

Elia cherche à s’éloigner au maximum des habitations. Suite à la mise en service de l’infrastructure, Elia proposera aux propriétaires de maisons et de terrains à bâtir situés à moins de 125 m de la liaison, une indemnisation pour la perte de valeur de leur bien. Sous certaines conditions, Elia est disposée à racheter le bien si le propriétaire le souhaite.

Quelles sont les mesures d'accompagnement prévues en termes de paysage et de milieu naturel ?

Elia tente d’éviter les zones bénéficiant d’une protection paysagère, patrimoniale ou naturelle. De plus, en amont du projet, Elia cherche à diminuer son incidence en adaptant, par exemple, le tracé ou l’architecture, la période ou la méthode de mise en œuvre du chantier. En aval du projet, Elia peut également mettre en place des mesures de réduction des effets en plaçant, par exemple, des aménagements verts à proximité des infrastructures, ou encore des balisages avifaunes sur les conducteurs…

Quand serais-je effectivement indemnisé ?

L’ensemble des indemnités sera versé à la mise en service de la liaison. Les mesures d’accompagnement seront réalisées au fur et à mesure des différentes étapes franchies. Le « Fonds de soutien communautaire » sera, quant à lui, alimenté lors de l’obtention de l’ensemble des autorisations.

Quel est le lien entre le transport d'électricité et les champs électromagnétiques ? 

Le transport d’électricité produit des champs électromagnétiques de très basse fréquence (50 Hertz). Ces derniers sont parfois considérés comme une émission environnementale liée à la présence d’une infrastructure. Les effets potentiels sur la santé humaine de l’exposition à ceuxci font l’objet de nombreuses études depuis plus d’une trentaine d’années et posent encore question aujourd’hui. Pour ces raisons, Elia souhaite aborder le sujet en toute transparence et fait appel aux connaissances d’experts indépendants.

Qu'est-ce que les champs électromagnétiques ?

Le champ électromagnétique résulte de la combinaison du champ magnétique et du champ électrique. Le champ électrique et le champ magnétique étant tous deux liés à la charge électrique, ils interagissent entre eux, mais à la très basse fréquence du réseau électrique (50Hz), ils sont indépendants l’un de l’autre. Les champs électriques et magnétiques sont omniprésents dans notre environnement ainsi que sur notre planète. Le champ électrique est présent dès qu’il existe des charges électriques.

Concrètement, qu'est-ce que cela signifie ?

Même éteinte, une lampe dont la prise est branchée produit un champ électrique. Le champ électrique est lié à la tension dont l’unité est le volt. Il se mesure en volt par mètre (V/m). A contrario, un champ magnétique n’est engendré que lorsqu’il y a déplacement des charges électriques (autrement dit, quand un courant circule). Une lampe ne produit donc un champ magnétique qu’à partir du moment où elle est allumée. L’unité généralement utilisée pour exprimer le champ magnétique est le tesla (T). Les champs magnétiques que nous mesurons habituellement sont de l’ordre du microtesla (µT), soit un millionième de tesla. Par analogie avec l’eau, on peut comparer le champ électrique à la pression dans un tuyau d’arrosage tandis que le champ magnétique peut être comparé au courant dans le tuyau une fois celui-ci ouvert.

Les champs électromagnétiques ont-ils un impact sur la santé ?

Depuis les années 1970, de nombreuses recherches ont été menées sur les effets possibles des champs électromagnétiques de très basse fréquence sur la santé. Pour les adultes, les scientifiques n’ont pu établir aucun lien avec des effets sur la santé. Pour les enfants, certaines études ont montré un lien statistique entre l’exposition moyenne quotidienne prolongée à une valeur supérieure ou égale à 0,4 microtesla (µT) et le risque de leucémie. Aucun lien de causalité n’a néanmoins pu être démontré à l’heure actuelle. À ce jour, il n’y a scientifiquement aucun autre effet concret sur la santé (Alzheimer, hypersensibilité…) dû à l’exposition à long terme à des niveaux d’intensité faible, mais la recherche continue dans le domaine. Elia soutient le groupe de recherche BBEMG -Belgian BioElectroMagnetics Group- qui étudie le sujet.

Quelles sont les recommandations et législations existantes relatives aux champs électromagnétiques en Belgique ?

La Belgique n’a pas légiféré au niveau fédéral en matière de champs magnétiques à très basse fréquence, seules la Flandre et Bruxelles ont adopté des textes en la matière. La Wallonie ne dispose, quant à elle, pas de législation spécifique à ce sujet pour le moment. Dans ce cadre, bien que la recommandation européenne de 100 µT soit d’application, Elia s’assure, pour chacun de ses projets, d’être largement en-dessous de cette valeur recommandée.

Une approche particulière est-elle développée lorsque cela concerne des habitations ?

Outre les valeurs maximales qui découlent des réglementations légales, 0,4 µT est souvent pris comme valeur guide et découle des études épidémiologiques qui ont mis en avant un lien statistique avec la leucemie infantile (voir question 4). Elia développe ses projets de manière à atteindre le seuil le plus bas d’émissions de champs électromagnétiques. Il s’agit d’une valeur qu’Elia tente d’atteindre, malgré la réalité de terrain, les impositions techniques et les critères d’intérêt général qui supplantent parfois le respect de cette valeur.

Comment calcule-t-on l'intensité du champ magnétique aux alentours d'une infrastructure ?

Les ondes électromagnétiques dépendent de trois éléments :

De l’intensité du courant dans le conducteur ;

De la distance entre les conducteurs ;

De la configuration des conducteurs.

Plus concrètement, l’intensité est calculée dans le cadre légal de l’étude d’incidences environnementales réalisée par un bureau d’études indépendant, et ce, avant l’obtention du permis d’urbanisme.

Elia a-t-elle déjà une idée de l'intensité du champ magnétique à proximité d'une liaison aérienne 380 KV telle que Boucle du Hainaut ?

Il est prématuré de donner des valeurs précises à l’heure actuelle. Le bureau d’étude indépendant et agréé par la Wallonie analysera notamment cette question lors du Rapport sur les Incidences Environnementales.

Les champs magnétiques augmentent-ils de manière proportionnelle à l'augmentation de la tension ?

Le champ magnétique généré par une ligne à haute tension dépend de l’intensité du courant qui y circule et pas de la tension. Ainsi, une liaison à une tension plus élevée (par exemple, une liaison 380 kV en rapport à une de 150 kV) ne produit pas nécessairement un champ magnétique plus intense. La formule suivante peut être appliquée : P (Watt) = U (V) x I (A). Elle signifie que pour une puissance (Watt) égale, l’augmentation du niveau de tension (V) diminuera le courant (A) et donc les champs magnétiques. Néanmoins, un niveau de tension supérieur s’accompagne en général d’une plus grande puissance transportée, ce qui contrebalance l’effet de la tension et peut résulter in fine en un champ magnétique légèrement plus élevé (non directement proportionnel à l’augmentation de la tension de la liaison).

Pourquoi Elia n'enterre-t-elle pas l'ensemble des liaisons aériennes pour éviter cette problématique ? 

Un lien erroné est régulièrement fait entre l’enfouissement des liaisons électriques et le niveau des champs magnétiques. En effet, les liaisons souterraines génèrent également des champs magnétiques. Généralement, l’intensité du champ magnétique au niveau du sol est différente selon qu’il s’agisse d’une liaison aérienne ou souterraine : elle est d’ailleurs plus importante lorsque l’on se place au-dessus d’une liaison souterraine qu’en dessous d’une aérienne, mais cette intensité décroît plus rapidement avec l’éloignement latéral dans le cas d’une liaison souterraine. Enfin, cette solution n’est techniquement pas possible pour des infrastructures d’un niveau de tension de 380 kV.